L'homme subit-il le devenir historique ou le maîtrise-t-il ?

Des mots tels que déterminisme, destin, fatalité doivent apparaître. Subir le devenir voudrait dire que l’homme n’agit pas : il serait complètement passif face à son devenir historique. Il faudrait voir également quelle est la part de hasard dans le devenir, de circonstances indépendantes de l’homme. Il faut noter également qu’on parle de devenir historique, pas seulement du passé. Il y a une idée de processus, de passé en train de se faire. Le terme de devenir est en lui-même une situation ouverte : le devenir est ce qui est en train de se faire, qui n’est pas fini, auquel on ne peut encore donner une forme définitive. En cela, il est difficile d’agir sur lui, comme de s’y soumettre : il peut toujours évoluer, c’est une matière en mouvement. On pourrait se demander en quel sens il peut y avoir un devenir historique ? Qu’est-ce que c’est ? La liberté, la volonté de ne pas se soumettre et de poursuivre des idéaux poussent l’homme à tenter de maîtriser le cours de l’histoire, de le changer, sans toutefois qu’il y ait réelle maîtrise. Faut-il se placer uniquement dans une alternative soumission/maîtrise ? Ne peut-il y avoir une part des deux ? Ne peut-on pas dire qu’aucune ne convient telle quelle ? On peut marquer différentes manières de subir : selon Hegel (La Raison dans l’histoire), quels que soient les actes que l’homme pourrait faire en vue de participer à l’histoire, celle-ci a un cheminement propre. Les deux n’ont pas nécessairement de relation de cause à conséquence. Des buts personnels ne dessinent pas le destin collectif d’une nation. Avec Hegel, n’y aurait-il pas un mouvement propre à l’histoire qui ne serait pas en relation avec la passivité ou l’activité des hommes ? Pour Hegel, l’histoire a un sens, mais ce sens, dont la réalisation forme le cours de l’histoire, traduit cependant l’action d’un dynamisme qui n’est pas le produit des circonstances historiques elles-mêmes. Les hommes agissent, mais ne maîtrisent pas un processus qui les dépasse ; c’est comme s’il étaient les acteurs d’une pièce qu’ils ne peuvent écrire.